Emploi

Comment lire la grille des salaires dans la métallurgie (SMH et coefficients)

Documents papier avec tableaux de chiffres et stylo noir.

La grille des salaires dans la métallurgie détermine, pour chaque coefficient, le minimum que l’employeur doit verser à son salarié. Depuis la fusion des anciennes conventions territoriales, un texte unique régit désormais la branche : la CCN métallurgie, référencée sous l’IDCC 3248. Voici comment fonctionne cette grille de classification et quels montants s’appliquent en 2026, en complément de la nouvelle grille salaire métallurgie 2025 disponible en PDF.

Qu’est-ce que la grille des salaires dans la métallurgie (CCN 3248) ?

La CCN métallurgie remplace depuis 2024 la mosaïque de conventions régionales qui existait auparavant. Cette convention collective unique fixe des règles communes sur tout le territoire : classification des emplois, salaire minimum hiérarchique, prime d’ancienneté, congés ou encore régime des cadres au forfait. L’IDCC 3248 identifie ce texte auprès de l’administration et sert de référence dans les bulletins de paie.

Concrètement, chaque salarié se voit attribuer un coefficient hiérarchique en fonction de son poste, de ses responsabilités et de son autonomie. Ce coefficient correspond à un montant plancher, le SMH, que l’entreprise ne peut pas descendre en dessous. L’employeur doit verser ce minimum conventionnel ou le SMIC si celui-ci est plus favorable au salarié.

En 2026, l’avenant étendu du 20 février prévoit une augmentation salariale moyenne de 0,9 % sur l’ensemble des minima conventionnels. La grille s’échelonne désormais de 21 980 euros bruts annuels pour la classe A1 jusqu’à 68 450 euros bruts annuels pour la classe I18, ce qui couvre l’ensemble des salariés non cadres comme des salariés cadres de la branche.

Grille de classification métallurgie 2026 : groupes d’emplois et coefficients

Les groupes d’emplois (A à G) et la logique de classification

La grille de classification de la métallurgie repose sur neuf groupes d’emplois, désignés par des lettres allant de A à I selon les versions du barème. Les groupes A à E concernent les postes d’exécution et de technicité croissante, tandis que les postes F/G correspondent aux fonctions d’encadrement, d’expertise ou de management. Les groupes H et I sont réservés aux cadres dirigeants et aux experts confirmés.

Chaque groupe se subdivise en plusieurs coefficients, qui affinent la classification selon le niveau de complexité, l’autonomie exigée et l’impact du poste sur l’organisation. Un technicien débutant et un technicien confirmé peuvent ainsi appartenir au même groupe d’emplois tout en ayant des coefficients différents, donc un salaire minimum hiérarchique distinct.

Comment identifier son groupe et coefficient

Le classement d’un poste s’appuie sur une grille de critères classants : compétences techniques, autonomie, responsabilité et communication. L’employeur compare la fiche de poste à ces critères pour déterminer le coefficient hiérarchique adéquat, mentionné obligatoirement sur le bulletin de paie. En cas de doute, le salarié peut demander à son service RH le détail de la pesée de poste ayant conduit à ce classement.

Les alternants suivent une logique particulière : leur rémunération minimale dépend d’un pourcentage du SMIC ou du salaire minimum hiérarchique selon leur âge et leur année de formation, et non directement d’un coefficient classique. Les débutants groupe F, eux, bénéficient d’un statut transitoire pendant les premières années d’activité, avec un salaire de base parfois minoré par rapport au barème plein.

Tableau des salaires minima hiérarchiques (SMH) 2026

Document officiel affichant grille salariale avec chiffres en euros.

Voici un aperçu des montants annuels bruts fixés par la grille de classification pour quelques coefficients repères. Ces chiffres constituent des planchers : le salaire de base réellement versé peut être supérieur selon la politique salariale de l’entreprise.

Classe / coefficientSMH annuel brut 2026
A121 980 €
C625 780 €
F1135 200 €
G1340 350 €
I1868 450 €

Cadres au forfait : jusqu’à +30 % sur le minimum

Les cadres au forfait heures ou forfait jours bénéficient d’une majoration spécifique du salaire minimum hiérarchique, comprise entre 15 % et 30 % selon le type de forfait retenu. Pour la classe F11, ce mécanisme porte le minimum à 40 480 € en forfait heures et jusqu’à 45 760 € en forfait jours, contre 35 200 € pour un salarié sans forfait sur le même coefficient.

Prime d’ancienneté dans la métallurgie : calcul et montant

La prime d’ancienneté récompense la fidélité du salarié à l’entreprise, en plus du salaire minimum hiérarchique. Elle se calcule généralement en pourcentage du salaire de base, avec des paliers qui augmentent tous les trois ans, jusqu’à un plafond fixé par la convention collective unique. Ce mécanisme s’applique aux salariés non cadres comme, dans une moindre mesure, à certains salariés cadres non soumis au forfait.

Prenons un exemple simple : un salarié classé au coefficient C6, dont le salaire de base atteint 25 780 € bruts annuels, avec quinze ans d’ancienneté. Si le taux applicable à son palier est de 12 %, sa prime d’ancienneté ajoute environ 3 094 € bruts par an à sa rémunération, portant son revenu total au-delà du simple minima conventionnels de sa classe.

Pour les débutants groupe F, la prime d’ancienneté ne commence généralement à courir qu’après la période transitoire propre à ce statut, ce qui explique pourquoi deux cadres au même coefficient peuvent percevoir des montants sensiblement différents durant leurs premières années.

Augmentation des salaires 2026 : ce qui change (+0,9 %)

L’avenant 36 à la CCN métallurgie, issu des négociations NAO menées fin 2025, acte une revalorisation moyenne de 0,9 % du barème applicable au 1er janvier 2026. Cette augmentation salariale concerne l’ensemble des groupes d’emplois, de la classe A1 jusqu’aux postes de direction relevant des classes les plus élevées.

Les organisations syndicales et patronales revoient ce barème chaque année lors des négociations NAO, en tenant compte de l’inflation et de la conjoncture du secteur. Les entreprises relevant de l’IDCC 3248 doivent répercuter cette hausse sur les bulletins de paie dès l’entrée en vigueur de l’avenant étendu, sous peine de verser une rémunération minimale inférieure au minimum conventionnel en vigueur.

Vérifier sa position sur la grille de classification reste le réflexe le plus utile, que l’on soit salarié souhaitant confirmer son coefficient ou service RH chargé d’appliquer correctement le salaire minimum hiérarchique à chaque paie.

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Article publié par la rédaction de Forge des Fondateurs.

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