Le nombre de chômeurs en France a de nouveau progressé en 2025. Au quatrième trimestre, l’Insee dénombre 2,5 millions de personnes au chômage au sens du BIT, ce qui correspond à un taux de chômage de 7,9 % de la population active en France hors Mayotte. Voici le détail chiffré, trimestre par trimestre, avec les données complémentaires de France Travail et de la Dares.
Le taux de chômage en France en 2025 : les chiffres clés
Le taux de chômage BIT mesure la part de la population active sans emploi, activement à la recherche d’un poste et disponible pour en occuper un. C’est l’indicateur de référence publié chaque trimestre par l’Insee, distinct des statistiques administratives de France Travail. En 2025, cet indicateur a suivi une trajectoire haussière, rompant avec la relative stabilité observée les années précédentes.
Taux de chômage au sens du BIT par trimestre en 2025
Au premier trimestre 2025, le taux de chômage était quasi stable, autour de 7,4 % de la population active. Il est ensuite passé à 7,7 % au troisième trimestre, avant d’atteindre 7,9 % au quatrième trimestre, soit une hausse de 0,6 point sur un an par rapport à fin 2024. Cette évolution trimestrielle traduit un ralentissement progressif du marché du travail plutôt qu’un choc brutal.
| Période | Taux de chômage BIT | Nombre de chômeurs |
|---|---|---|
| T1 2025 | 7,4 % | environ 2,3 millions |
| T3 2025 | 7,7 % | 2,4 millions |
| T4 2025 | 7,9 % | 2,5 millions |
Nombre de chômeurs : combien de personnes sans emploi en 2025 ?
En valeur absolue, la France comptait 2,4 millions de chômeurs au troisième trimestre 2025, puis 2,5 millions au quatrième trimestre, soit une progression de 56 000 personnes en trois mois, une situation d’autant plus préoccupante que nombreux sont ceux qui se demandent combien de CDD peuvent être enchaînés avant l’obligation du CDI. Ces chiffres proviennent de l’enquête Emploi de l’Insee, qui interroge un échantillon représentatif de la population active pour établir ces estimations trimestrielles.
Le taux de chômage BIT (Insee) et les inscriptions à France Travail ne mesurent pas la même chose. Le premier repose sur une enquête déclarative auprès des ménages, le second sur un comptage administratif des inscrits. Les deux séries évoluent souvent dans le même sens, mais rarement au même rythme.
Évolution du chômage en 2025 : hausse, baisse ou stabilité ?
La tendance de l’année est clairement orientée à la hausse, même si elle reste progressive. Après un début d’année quasi stable, le nombre de chômeurs a légèrement augmenté au deuxième trimestre, puis continué sa progression au second semestre. Cette dégradation s’explique en partie par un ralentissement des créations d’emplois et par une hausse du chômage de longue durée, qui touche des personnes inscrites depuis plus d’un an sans retrouver de poste, une situation que les demandeurs d’emploi peuvent partiellement pallier en évitant le délai de carence Pôle Emploi et réduisant l’attente avant l’ARE.
Le halo autour du chômage, cette zone grise regroupant des personnes qui souhaitent travailler mais ne sont pas comptabilisées comme chômeurs au sens strict (parce qu’elles ne cherchent pas activement ou ne sont pas immédiatement disponibles), a lui aussi progressé sur la période. Il constitue un indicateur complémentaire utile pour apprécier la réalité du marché du travail au-delà du seul taux officiel.
Chômage par tranche d’âge en 2025

Les jeunes de 15-24 ans restent la catégorie la plus exposée, avec un taux de chômage nettement supérieur à la moyenne nationale, souvent proche du double. Cette situation s’explique notamment par la difficulté d’insertion professionnelle des primo-arrivants sur le marché du travail et par la précarité des premiers contrats, fréquemment en temps partiel ou en intérim.
Chez les seniors, la hausse du chômage en 2025 a été plus modérée, mais le retour à l’emploi reste plus lent une fois la perte d’emploi survenue. Le chômage de longue durée est particulièrement marqué dans cette tranche d’âge, où la durée moyenne de recherche dépasse souvent celle des actifs plus jeunes.
Les inscrits à France Travail en 2025 (catégorie A)
Du côté des données administratives, France Travail (ex-Pôle emploi) recensait environ 3,3 millions de chômeurs catégorie A fin 2025, c’est-à-dire des demandeurs d’emploi sans aucune activité au cours du mois. Ce chiffre a progressé de près de 2,6 % sur le seul quatrième trimestre et de 6,8 % sur un an, une hausse plus marquée que celle du taux BIT.
En intégrant les catégories B et C, qui regroupent les demandeurs d’emploi ayant exercé une activité réduite, le total des inscrits à France Travail avoisine 5,7 millions de personnes en 2025. La Dares publie régulièrement ces statistiques détaillées, qui permettent de suivre finement les flux d’entrées et de sorties du chômage, ainsi que les motifs d’inscription.
Contexte du marché du travail : taux d’emploi et taux d’activité
Le taux d’emploi des 15-64 ans, qui mesure la part de la population en âge de travailler occupant effectivement un poste, a légèrement reculé en 2025 après plusieurs années de progression continue. Le taux d’activité, lui, est resté globalement stable, ce qui signifie que la hausse du chômage reflète surtout des destructions ou un ralentissement des créations d’emplois plutôt qu’un afflux massif de nouveaux actifs.
Cette évolution s’accompagne d’une légère érosion des emplois en CDI au profit de formes d’emploi plus précaires, comme le temps partiel subi ou les contrats courts. Le sous-emploi, qui concerne les personnes travaillant à temps partiel tout en souhaitant davantage d’heures, a également progressé sur l’année, un signal supplémentaire de tension sur le marché du travail.
Fixé autour de 5 % de taux de chômage, l’objectif de plein emploi affiché ces dernières années paraît désormais hors de portée à court terme. Avec un taux proche de 7,9 % fin 2025, l’écart s’est même creusé par rapport aux objectifs annoncés.
En résumé, l’année 2025 marque un tournant après plusieurs trimestres de relative stabilité : 2,5 millions de chômeurs au sens du BIT, un taux de 7,9 % en fin d’année, et une hausse continue des inscriptions à France Travail. Les prochains trimestres permettront de voir si cette dégradation se poursuit ou si le marché du travail retrouve un peu de souffle.






