Le congé de fin d’activité fait partie des dispositifs les plus attendus par les conducteurs routiers en fin de carrière. Avec la nouvelle réforme des retraites, beaucoup de chauffeurs s’interrogent sur l’âge d’entrée, les conditions à remplir et le montant réellement versé pendant cette période de transition. Voici ce qu’il faut retenir concrètement.
Ce qui change concrètement avec la réforme des retraites
Le CFA routier n’a pas été supprimé par la réforme, mais il a bien été modifié en profondeur. L’âge d’entrée dans le dispositif, historiquement fixé à 57 ans, a été relevé à 59 ans pour la majorité des conducteurs, avec un passage possible à 60 ans selon les accords de branche appliqués dans les prochaines années. Ce report d’âge suit directement le relèvement de l’âge légal de départ à la retraite, désormais fixé à 64 ans.
Concrètement, un chauffeur routier qui espérait quitter son poste à 57 ans doit désormais patienter deux à trois ans supplémentaires avant de pouvoir basculer en congé de fin d’activité. Cette évolution touche particulièrement les conducteurs ayant commencé tôt leur carrière et qui comptaient sur ce dispositif comme sas de transition vers la retraite à taux plein.
Le repère à connaître : l’entrée en CFA se fait désormais à 59 ans dans la majorité des cas, contre 57 ans avant la réforme. Les conducteurs en carrière longue peuvent parfois bénéficier de conditions d’accès légèrement anticipées, sous réserve de valider leur nombre de trimestres.
Qu’est-ce que le CFA routier exactement ?
Le congé de fin d’activité est un dispositif de branche géré par des organismes paritaires du transport routier. Il permet à un conducteur de cesser son activité professionnelle plusieurs années avant l’âge légal, tout en percevant une allocation mensuelle jusqu’à l’ouverture de ses droits à pension à taux plein. Le contrat de travail n’est pas rompu, il est suspendu : le salarié reste rattaché à son entreprise mais ne travaille plus.
Ce mécanisme concerne principalement les conducteurs routiers de marchandises, les conducteurs de transport de voyageurs, ainsi que certains métiers spécifiques comme le convoyage de fonds ou le déménagement. Il a été pensé pour tenir compte de la pénibilité du métier de conducteur routier, marqué par des horaires décalés, des postures contraignantes et une fatigue accumulée sur plusieurs décennies.
Conditions d’éligibilité au CFA après la réforme

Pour prétendre au CFA routier, plusieurs conditions d’éligibilité doivent être réunies simultanément. L’âge constitue le premier critère : il faut avoir atteint 59 ans, voire 60 ans selon les accords applicables, ce qui représente le changement le plus notable de la réforme. Le conducteur doit également justifier d’une ancienneté minimale dans le secteur du transport routier, généralement de plusieurs dizaines d’années de conduite.
La situation vis-à-vis de la carrière longue joue également un rôle important. Un conducteur ayant commencé à travailler très jeune et cumulé un nombre élevé de trimestres peut, dans certains cas, accéder à un départ anticipé légèrement plus favorable que le régime général du dispositif. Il faut par ailleurs ne pas avoir encore liquidé sa pension de retraite au moment de la demande, puisque le CFA se positionne justement comme une étape intermédiaire avant cette liquidation à taux plein.
| Critère | Avant la réforme | Après la réforme |
|---|---|---|
| Âge d’entrée en CFA | 57 ans | 59 à 60 ans |
| Âge légal de la retraite | 62 ans | 64 ans |
| Durée moyenne du congé | 5 ans | 4 à 5 ans |
Démarches et dossier CFA à constituer
La demande de CFA doit être déposée plusieurs mois avant la date souhaitée de départ, un préavis étant systématiquement exigé par les organismes gestionnaires. Le dossier CFA rassemble plusieurs pièces justificatives : relevé de carrière, attestation d’ancienneté dans l’entreprise, justificatifs de trimestres cotisés et accord de l’employeur sur la date de cessation d’activité.
Une fois le dossier transmis, l’organisme paritaire instruit la demande et vérifie que toutes les conditions d’éligibilité sont bien remplies. Il est recommandé de se rapprocher des services des ressources humaines de l’entreprise ou des partenaires sociaux du secteur pour être accompagné dans cette démarche, souvent perçue comme technique par les conducteurs concernés.
Montant de l’indemnité et financement du dispositif
L’indemnité de cessation d’activité versée pendant le CFA correspond généralement à une fraction du salaire brut antérieur, la fourchette se situant le plus souvent entre 70 et 80 % selon les accords en vigueur. Ce montant est calculé sur la base du salaire moyen des derniers mois d’activité, avant application d’un plafond fixé par les textes de branche.
Le financement du CFA repose sur un équilibre entre les cotisations versées par les entreprises du transport routier tout au long de la carrière des salariés et une participation de l’État dans le cadre des politiques publiques liées à la pénibilité. Cette architecture financière explique en partie pourquoi le dispositif a été maintenu malgré la réforme des retraites, les partenaires sociaux ayant négocié son adaptation plutôt que sa disparition pure et simple.
Le report d’âge a toutefois un effet mécanique sur la durée d’indemnisation : plus l’entrée en CFA est tardive, plus la période couverte par l’allocation jusqu’à l’âge légal se réduit. Certains conducteurs y voient un avantage financier, la charge globale du dispositif étant répartie sur une durée plus courte, tandis que d’autres regrettent de devoir travailler plus longtemps avant de pouvoir en bénéficier.






